vendredi, 23 novembre 2007

PP comme on dit ici

Difficile d’imaginer Phnom Penh avec de grandes avenues, des immeubles pas tres hauts, des balcons fleuris, une promenade le long du Mekong ou se rassemblent badauds et marchands ambulants. Les vendeurs vont de groupe en groupe avec leur petit chariot de poisson seche, oeufs, viande grillee ou legumes. Les jeunes s’y montrent, s’y cherchent. Presque la station balneaire ou l’on pourrait s’occuper en trainant de cafes en cafes, a l’ombre de restes coloniaux un peu decatis et des statues des temples nationaux bien a l’abri dans les musees.
Oui mais PP c’est aussi la memoire pas si lointaine que cela, nos ages, de l’histoire du Cambodge. La visite de l’ex prison S-21 reveille brutalement nos consciences. Dans cette ancienne ecole transformee sous l’ere Pol Pot en salles de torture et de detention, on fait face a ces visages tortures, ces corps mutiles, cette violence innommable qui a tue pres de 2 millions de personnes en 3 ans.
Un peu plus loin encore, a l’ecart des lieux touristiques et des jolis cafes aux menus tout en anglais c’est la misere des grandes villes, de nouveau les taudis de taule et de bois, inondes ou les gens semblent survivre a peine deranges pas les cris des enfants et des chiens qui aboient pateaugeant dans les flaques. Ce sont ces memes enfants depenailles que l’on retrouve a la sortie des musees tentant de vendre pour « one dooolllar » cartes postales, livres ou beignets.
On vous passera le restaurant plein de charme sur pilotis avec vue imprenable sur le lac ou s’etalent des occidentaux males, trompant leur ennui entre un joint et une autochtone debraillee et des occidentales esseulees rotissant sous le soleil devant une bouteille de Angkor beer. La grande classe ...

Mention speciale : le tuk tuk cambodgien remportent la palme du confort et de l’esthetisme. Rembourres, ouverts sur l’exterieur mais protegeant bien sur soleil, conduits par une moto donc moins de desagrement sonores. On en redemande. Question code de la route : on est en version debutante du code de l’Inde. Trop simple les obstacles ne sont QUE les autres deux roues qui viennent en face.

Angkor, encore

Des l’aube depart de BKK pour franchir dans les airs une nouvelle frontiere et atterrir dans un tout autre monde. Petite ville de la province cambodgienne, Siem Reap semble etrangement calme comparee a la capitale Thai. Elle est pourtant le centre de tous les regards puisqu’elle abrite les temples d’Angkor. Meme le chauffeur de tuk-tuk a l’air tout frele sur son engin.
Loin des hotels surfaits, portant tous Royal quelque chose dans le nom et semblant sortir du meme cabinet d’architecture, nous posons les sacs dans un petit havre de paix tenu par un Suisse qui a la bonne idee de faire venir du fromage de son pays ... eb61302c95e146299e282c3eaca87e2a.jpg
Retrouvailles avec de beaux velos – enfin beaux facon de parler, disons qu’ils roulaient et c’est deja pas si mal-, ecrases par la chaleur, nous partons a l’assaut du site des temples d’Angkor et consors. Prenant les chemins de travers, on savourait bien tranquillement notre isolement dans la nature sauvage ( genre nous on est plus intelligents que tous ces touristes qui debarquent en wagon a bestiaux par centaines prennent une photo et passent au temple suivant) quand nous avons ete rejoints par la pluie. Non pas la petite pluie sournoise battant le pave parisien, la douche, la vraie, comme seuls les pays tropicaux savent les faire. Nous avouons bien humblement que nous faisions moins les malins, trempes jusqu’aux os sur nos bicyclettes, tentant de trouver a travers la jungle un abri de fortune ( et non je n’ai pas particulierement apprecie le tee shirt mouille ; de toutes facons il n’y avait de concurrentes) . Les parents, rassurez-vous, la pluie n’a dure qu’une heure et demie, il faisait a nouveau bien chaud juste apres et les temples n’etaient qu’a quelques km donc nous n’etions pas perdu non plus ...
Et n’allez pas croire que, sous pretexte qu’il y en avait des centaines, tous les temples se ressemblaient. Si certains fils de rois manquaient un peu d’imagination en copiant les styles de temples et de palais de leur pere, chaque lieu est un site different, avec son inspiration et sa symbolique bien specifique. Si on a prefere les structures de plain pied c’est pas du tout par paresse de monter 50 marches a 90 degres sous le soleil de midi ...Pas du tout. d9847dddec4ae00f78577165f4def71b.jpg Quant a Angkor, au petit matin, c’est tout simplement un de ces endroits mythiques cent fois vus et revus sur papier glace ou dans la lucarne du petit ecran et qui pourtant parviennent encore a vous laisser sans voix.

En nous eloignant un peu (toujours sur nos velos rouilles et fatigues) de Siem Reap la touristique, c’est une autre realite qui se laisse approcher : de vaste etendues humides et vaseuses ou le vert et l’eau se melangent, des maisons sur pilotis tenant par la grace de l’esprit, des habitats de bois et de taule,0944368bad5355dd65eca29367f6da40.jpg des enfants hirsutes jouant avec les poules sur le bas cote de la route. Les 2 roues poussant leur moteur (des 2 temps monocylindres essence !!!!) n’ont bien sur pas le temps de profiter des relents de poissons seche (pourri ?) qui emanent des bas-cotes.
Mais pardon, ces questions d’urbanisme nous eloignent des questionnements marketing que se pose la ville. Oui parce Siem Reap est inconnue et ne parvient pas a trouver son positionnement touristique. La plupart des touristes situent Angkor en Thailande et n’y font qu’un saut de puce pour voir les temples et puis basta. Alors quels axes de developpement et d’image pour la region ? Clairement l’habitat sur pilotis ne semblent pas faire recette. Comment se demarquer d’Angkor tout en capitalisant sur sa tres forte notoriete ? A lui seul Angkor est le symbole de tout le pays, de la fierte Khmere, present sur le drapeau, la monnaie, les documents publics. Parmi les pistes proposees (par les journaux anglo saxons du coin) on trouve le golf – faire de Siem Reap LE spot incontournable pour le golf ultra standing avec tout ce que ce sport implique comme infrastructures de luxe- ou les sports d’extremes pour profiter des conditions naturelles autour. Je me demande si cela remettra les maisons de taule droites ...

lundi, 12 novembre 2007

Bangkok way of life

Frais et dispos après ces journées de dure lutte avec nous mêmes, nous sommes fin prêts : a nous Bangkok. Arrivée tardive dans un des quartiers les plus animés de la ville pour rencontrer la jeunesse débridée et rock n’roll, une nightlife déjantée et des commerçants qui pour 4 euros nous font des cartes d’étudiants de l’année en cours. A 23 heures les rues sont bondées, les sonos hurlent a fond tantôt des bonnes vieilles références occidentales qui donnent envie de se remuer le popotin ( ah un bon vieux dance floor …) tantôt une sorte de rock alternatif thai sur lequel les filles donnent l’impression de se taper la tête contre le mur. Les marchands ambulants offrent sur leurs petits chariots quantité de victuailles a tester qui vont de la viande grillée aux inénarrables thai nooddles en passant par des jus detox a base de betterave et de choux chinois. Les vendeurs de fripes et faiseurs de dreadlock font les yeux doux aux peaux rouges d’occidentales se cherchant un nouveau look. Oui parce qu’on en croise beaucoup des occidentaux voulant rompre avec leur tailleur ou costume de banquiers ( on les as démasqué sur les registres d’inscriptions des hotels arf arf ) se la jouent routards : pantalon large de pécheurs, marcel difforme tendance poussiéreuse genre j’ai roule ma bosse dans tout le pays et tongs de plage qui donnent a la démarche un air faussement cool. Les pas encore banquiers ou marketeurs arborent dreadlocks et piercing genre plus rebelles. On en remarqué une dans ce genre la dans un cyber café, une française. Elle passait un coup de téléphone à très haute voix, passant un entretien pour un stage et essayant de vendre ses trois mois de glande universitaire en Malaisie comme atout pour l’e-marketing, domaine qui la passionnait (!). On ne citera pas l’école mais qu’est ce qu’on a rigole.
Ce n’est pas qu’un quartier de trentenaires occidentaux en perdition. Les thaïs ne sont pas en reste. Les petites minettes très apprêtées, toutes fan d’hello kitty et de mauvaises contrefaçon de sacs de marque, font dans le clinquant. Après le tchador et le saree, voici le short thai blanc sublimateur de postérieur sur sandales hautes. Forcement il faut qu’on s’habitue un peu.
Pour se remettre de tant de surprises culturelles, petit diner dans un « eat as much as you can » au bord de la rivière. Ambiance typiquement étudiante, inclus concert live d’un groupe tout droit sorti d’un manga et montagnes de nourriture à se faire cuire soi même. Il fallait bien se ressourcer avant d’assister en live au street waterfight festival ! Le concept est très simple : armes de pistoles à eau deux camps s’affrontent de part et d’autres de la rue pour finir avec la gagnante au tee shirt le plus mouillé … En parlant de sport, la fin de journée est consacrée dans les parcs a un peu d’exercice. C’est l’heure de l’aérobic. Sur fond de musique des années 60, toute sorte de gens (de tous les âges, des toutes les tailles, de tous les poids) s’agitent en rythme. A voir pour le croire…

Palais royal en Thaïlande

Atterrissage en douceur dans un autre monde. Nous fuyons la grande ville de Bangkok pour prendre les chemins de traverse et un petit train de campagne nous amené a Ayuttayah, ancienne capitale royale. Bienvenue dans le pays de l’encens, du lotus, du sésame et du the vert. Tout nous semble propre, sain, presque normal. Pas de vache dans les caniveaux, les routes sont goudronnées et les automobilistes respectent les feux, un arrête préfectoral interdit de cracher dans la rue. Sur les marchés les vendeurs nous servent avec des gants en plastique et les récipients ont l’air propre. Rêvons-nous ?
On enfourche nos bicyclettes ( ah ca faisait longtemps que cette bienheureuse sensation de la petite reine nous avait échappée …) et nous parcourons les grandes avenues bordées de jardins et de cafés, les enfilades de temples, les parcs aux éléphants et nous plongeons dans l’histoire des luttes intestines entre les rois thaïs jusqu'à l’invasion birmane. La visite d’une autre ancienne capitale du royaume thaï, Sukhothai éclairera davantage encore notre lanterne sur le sujet. Le Bouddha malgré ses centaines de positions différentes prend un visage familier et nous suivons quelques thais dans leurs dévotions.
Calme, sérénité, sourire … derrière cette vitrine si paisible se cache une frénésie d’activités, d’attentions aux détails perceptible par touches. Mais nous ne parlons pas thaï et sommes cantonnés a la superficialité touristique, si tentante, si reposante.
Les guest house sont de bonne facture, l’addition pas trop salée. Le luxe a bon prix : la lessive sent bon, les draps sont propres, les chambres meublées avec gout. On a même trouve une auberge ou le patron, un belge, faisait lui-même ses baguettes. Le barbotage dans la piscine le soir de la Toussaint nous a bien fait penser a l’automne en France … Bon ne râlez pas, on l’a paye cher le lendemain avec un bon vieux rideau de pluie qui nous a bloque une partie de l’après midi. Gaies tropiques !!!
Contents de retrouver les baguettes au gout de chez nous ne signifie pas y rester colles, d’autant plus que la cuisine Thai est très subtile et variée. Dans un bon vrai resto thai, les spécialités culinaires s’apprécient d’autant plus qu’elles sont accompagnées d’un karaoké, ou chacun a tour de rôle doit aller pousser la chansonnette. Pas question de se débiner entre deux plats épicés. Après tant de délices a la noix de coco, aux piments et aux herbes en tout genre, nous nous sommes lances dans un cours de cuisine. Si, c’est bien Fabrice aux fourneaux maniant wok, huile de poisson et feuilles de bananes. Il est devenu un expert en soupe au lait de coco, poulet au curry vert, porc aux cacahuètes et salade de soja papaye. On a un tout petit peu triché car on ne mettait qu’un dixième des piments que la prof recommandait et déjà cela nous arrachait le palais …
Pour se remettre de nos émotions culinaires, assurer la digestion et préserver notre santé, direction la salle de massage thaï. Point d’institut hyper léché aux couleurs tamisées et a l’ambiance feutrée. Salle commune, en rang d’oignons et c’est parti pour une heure trente d’étirements, de points de pression et de contorsions. C’est une pratique courante ici a la sortie du boulot qui peut être remplacée si le temps manque par un simple massage de réflexologie plantaire … Avis aux managers et responsables RH qui nous lisent, on ne doute pas de l’efficacité de la formule sur le mental des cadres.

Robinson sur son ile

Bon on vous la fait courte, la vie a Koh Chang, ile touristique au sud est de Bangkok n’est pas des plus désagréable. Bungalow au bord de la plage dans un petit jardin tropical, diner sous les cocotiers, journée snorkelling et kayak, lectures en transat… Le seul bouquin qui ne soit ni en néerlandais ni en suédois que j’ai trouve a la réception était un roman de Simone de Beauvoir. Comment dire ? Les prises de tête d’une germanopratine amoureuse d’un écrivain américain un peu cornichon sur les bords m’ont semblées vraiment a cote de la plaque.

lundi, 29 octobre 2007

Parce que ca vous intéresse aussi de savoir que ...

- la recette pour attirer un léopard a Hampi est très simple : trouvez un chien errant dans la rue et attirez le avec un biscuit pour qu’il vous suive. Ensuite rendez-vous toujours le chien a vos basques dans un coin recule du temple de Hampi (tous les guides vous l’indiqueront). Et la attendez quelques minutes en faisant bouger le chien. Le léopard attire par l’odeur du chien, un petite douceur tendre comme du fromage pour lui, ne devrait pas tarder a sortir et a ne faire qu’une bouchée du pauvre chien. Il parait que l’homme n’est pas une cible. Il parait … on n’a pas teste ce coup la.

-les indiens adorent prendre les touristes en photo et nous nous faisons très souvent abordes pour prendre la pose. Souvent, les jeunes hommes saluent poliment Fabrice pour prendre une photo de nous deux puis ensuite l’air a peine gêne lui demandent s’il peut se pousser pour prendre une photo qu’avec moi seule (bea). Bon, je viens de Cannes, on ne se refait pas mais je serais bien curieuse de savoir quelle histoire ils racontent une fois la photo développée …

-j’ai teste la médecine indienne : devant l’impuissance des ercefuryl et autres amis des estomacs des voyageurs, il m’a fallu me rendre a l’évidence, j’ai chope une de ces saletes qui font perdre quelques kilos aux routards indiens. Visite chez un gentil médecin (consultation pour 55 centimes d’euros) et prescription de gentilles pilules aux herbes (16 cents d’euros) : le lendemain je pouvais a nouveau marcher et sortir normalement. Bon pour les plats standards (no Sir, little a espicy) on attendra encore un peu et un bon vieux riz blanc des familles fera l’affaire…

-les jains ont une régime alimentaire très particulier : bien sur ils sont végétariens mais ne mangent pas non plus les légumes qui ont des racines dans la terre (genre carottes, oignons ou pommes de terre) pour ne pas l’épuiser. Ils ne mangent que du lever au coucher du soleil ( ils ne sont pas prêts de dîner avec un musulman pendant le ramadan…) et consomment beaucoup de fruits secs. Ca me plait bien leur régime …

-on s’est fait un faux départ pour la Thaïlande : tranquilles le 29 on arrive de la gare, posons nos sacs a l’hotel et prenons une douche. Tout ça nous mène a 23h30 pour nous rendre que compte que notre vol était a 00h50 … léger moment de panique et de sueurs froides ou l’espace d’un instant le scénario catastrophe défile, heureusement vite calmes par le professionnalisme de notre réceptionniste et jet airways qui nous a trouve des places pour le vol du lendemain soir. Il parait que c’est plutôt le genre de trucs qui arriverait dans ma famille (bea), pfff.

-notre deuxième appareil photo, celui spécial basse résolution et photo que tu veux prendre sans être vu n’a pas supporte quelques chutes repetees. Il est donc HS jusqu’en Thaïlande ou nous espérons trouver un petit réparateur. En attendant, on fait avec le pro : mais 1) même après 2 mois de voyage j’oublie encore de régler les ISO 2) il est pas discret pour prendre les scènes impromptues et de 3) le chargement des photos prends 4 fois plus de temps qu’avec l’autre. C’est pas parce qu’on est en vacances qu’on a tout notre temps…